Suppression de l’acompte de juin, la Direction lâche du lest mais maintient sa régression

Face à l’opposition unanime des élus lors des derniers CSE, la Direction a dû revoir sa copie initiale. Son projet de « tabula rasa » sur l’acompte de juin dès 2026 a été amendé, mais le résultat final reste identique : en 2027, cet usage historique aura disparu.
Une transition en trompe-l’œil obtenue par vos élus
Le projet initial était d’une brutalité rare : supprimer l’intégralité de l’acompte de 35 % dès juin 2026. L’intervention musclée de la CFDT a forcé l’entreprise à proposer une phase de transition pour éviter un choc financier trop violent aux salariés. Cependant, cette souplesse n’est qu’un sursis.
Le nouveau calendrier imposé par la Direction reste une dégradation de nos conditions de rémunération :
- Juin 2026 : L’acompte passera de 35 % à 20 %. Un recul net, mais moins violent que l’année « zéro » prévue initialement.
- Mars 2027 : Le solde sera versé comme d’habitude.
- Juin 2027 : Suppression totale. Plus aucune avance ne sera versée avant l’été.
Une stratégie de trésorerie déguisée en « politique de performance »
La Direction ose invoquer une « juste reconnaissance de la performance » pour justifier cette mesure, prétextant vouloir éviter la perception d’un acquis automatique. Pour la CFDT, cet argument ne tient pas la route.
« La Direction prétend vouloir ‘responsabiliser’ les salariés. En réalité, elle se donne surtout les moyens de conserver notre argent dans ses caisses pendant 9 mois supplémentaires. C’est un gain de trésorerie pur et simple réalisé sur le dos des budgets familiaux. »
La CFDT dénonce un « rabotage » social
Le mois de juin est une période critique pour la trésorerie des ménages (préparation des vacances, inscriptions scolaires, charges annuelles). En amputant l’acompte de 15 points cette année, puis en le supprimant totalement l’an prochain, la Direction fait fi de la réalité économique de ses collaborateurs.
La CFDT craint que cette modification soit annonciatrice d’une augmentation forte du nombre de collaborateurs qui n’atteindront plus au moins 35% de prime
Ce que la CFDT a porté au CSE :
Nous avons exigé le maintien de l’usage tel quel. Face au refus catégorique de l’employeur, nous avons arraché cette période de transition. Mais nous ne nous arrêterons pas là : nous continuons de dénoncer l’incohérence d’une Direction qui demande toujours plus d’engagement tout en dégradant les modalités de paiement de la performance individuelle.
Nous avons également proposé une alternative de décaler l’avance à septembre/octobre et de la conditionner à la réalisation de l’ESP de mi-année pour répondre à l’inquiétude de la direction de devoir demander un remboursement aux salariés qui n’atteindraient pas au moins 35% d’atteinte de leurs objectifs. Cette alternative a malheureusement été refusée par la direction après étude, au prétexte d’une complexité d’organisation.
La CFDT ne valide pas cette suppression « en deux temps » et reste opposée à ce recul social que rien ne justifie financièrement.
